Connexion

logo UdeM

Répertoires Facultés Bibliothèques Plan campus Sites A-Z Mon portail UdeM
Rechercher
logo
Interview avec ... Laurence Monnais

Laurence Monnais

Née à Nancy, dans le nord-est de la France, j’ai rejoint l’Université Paris 7 pour faire un doctorat en histoire coloniale en 1993. Orientée par mon directeur de thèse vers l’histoire de la médecine au Viêt Nam, un sujet dont personne ne voulait (!), je me suis formée sur le tas (l’enseignement dans le domaine était alors quasi inexistant) avant de rejoindre Montréal et de faire un postdoctorat au Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la prévention en santé-sécurité du travail (GRASP) où j’ai appris la valeur de l’interdisciplinarité dans la recherche en santé.

Professeure titulaire au Département d’histoire de l’Université de Montréal, j’enseigne à la fois l’histoire sud-est asiatique et celle de la médecine. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le pluralisme en santé, j’analyse la place de la biomédecine dans diverses rencontres entre systèmes médicaux depuis le 19e siècle, en Asie et sur le continent nord-américain. À titre de vice-présidente de History of Medicine in Southeast Asia (HOMSEA), je promeus le développement de l’histoire de la médecine en Asie du Sud-Est.

Parlez-nous...

… de vos travaux actuels

Après avoir longuement travaillé sur le médicament (histoire coloniale du médicament, genèse du phénomène de pharmaceuticalisation dans le Sud, réinvention des médicaments traditionnels), je me penche depuis trois ans sur l’historicité du phénomène « d’hésitation à la vaccination » en analysant les représentations et les usages du vaccin RRO (rougeole, rubéole, oreillons) au Canada depuis l’introduction d’un premier vaccin anti-rougeoleux en 1963. L’objectif principal de ce projet est de mettre au jour la complexité des déterminants pouvant jouer dans l’acceptation comme dans le refus d’immunisation, leur imbrication et leur variabilité dans l’espace canadien afin de véritablement dépolariser le débat actuel entourant certains vaccins.

C’est dans ce cadre que j’ai récemment décidé de m’attaquer à une histoire globale de la rougeole, la première du genre soit dit en passant, au travers d’une analyse de la coproduction entre la maladie et la vaccination – en étudiant, par exemple, les effets de campagnes de vaccination massive, ou encore d’une idéologie de l’éradication, sur l’évolution différenciée de l’épidémiologie de la maladie – à la fois en Asie du Sud-Est, en Afrique subsaharienne, en Europe et sur le continent nord-américain.

… d'un problème majeur dans votre milieu de recherche

Les historien(ne)s ont souvent du mal à faire accepter la résonance politique, sociale, voire carrément publique de leurs recherches. Ils souffrent de ce fait souvent d’un complexe de marginalité qui les réduit malgré eux à une recherche d’abord érudite jugée inutile (et bien trop lente dans sa fabrication), ou au mieux anecdotique et facilement instrumentalisée. C’est presque paradoxalement – les professionnels comme les décideurs en santé manquent en effet cruellement d’une mémoire collective de leurs décisions et pratiques antérieures et de leurs échecs –, que le champ de l’histoire de la santé semble particulièrement touché par cette mise à l’écart contre laquelle il faut lutter au quotidien, surtout dans le domaine de la recherche francophone, sans tradition explicite d’intégration de l’histoire de la médecine dans les débats médico-sanitaires.

... de ce que vous faites pour régler ce problème

En travaillant depuis quelques années sur des sujets de recherche « chauds » (refus de la vaccination, popularité des médecines alternatives, pharmaceuticalisation des sociétés, etc.), j’ai voulu attirer l’attention de publics variés. J’ai d’abord et avant tout cherché l’échange avec des professionnels de santé pour les amener à comprendre ce que l’historien(ne) peut leur apporter, dont une vision multifactorielle des problèmes de santé, des éléments de compréhension de la variabilité des réactions au monopole biomédical, l’importance, dans le temps comme dans l’espace, de problèmes d’accessibilité (économique, géographique et culturelle) aux soins, même au jour d’aujourd’hui au Québec, ou encore la nature profondément politique de la science médicale et de ses usages.

Pour ce faire, je reste en même temps fervente partisane d’une recherche interdisciplinaire qui va jusqu’à dépasser le cadre des sciences humaines et sociales en m’investissant dans des projets et des subventions qui impliquent des médecins, des experts en santé publique ou mondiale ou encore des épidémiologistes, pour forcer le dialogue. C’est un investissement de longue haleine, qu’il faut constamment repenser pour le rendre plus efficace, mais qui à mon avis mérite l’effort consenti.

… d'un mythe qui perdure dans votre milieu

La tendance presque inconsciente qui veut assimiler (bio)médecine et santé, du côté des sciences sociales comme des décideurs en santé, me pousse à vouloir déconstruire ce lien organique de différentes façons depuis plus de deux décennies. En ce moment, je cherche plus précisément à détruire un mythe qui me semble particulièrement dommageable pour l’avenir de la santé publique : celui qui veut que les éclosions de maladies infectieuses soient forcément, voire uniquement, la conséquence d’un refus irrationnel, celui de se faire vacciner. J’ai même déjà le titre un peu iconoclaste de mon prochain livre qui traitera de cela, Le mythe du refus.

… de vos collaborations avec vos partenaires

En abordant les refus de la vaccination au Canada, je me suis retrouvée à travailler avec une grosse équipe de spécialistes de la vaccination (CIRN) qui rejoint tous les milieux, des plus grands experts en vaccinologie (certains ont participé à concocter les premiers vaccins tests contre l’Ebola) aux intervenants de première ligne dans les cliniques de vaccination ou les pharmacies. Nous nous retrouvons régulièrement aux conférences canadiennes sur l’immunisation (qui ont lieu tous les deux ans), nous réfléchissons ensemble à de nouveaux projets de recherche novateurs et susceptibles d’améliorer la santé des Canadiens par l’immunisation et nous essayons, dans la mesure du possible, de publier ensemble.

… d'une mise en application concrète de vos résultats de recherche

Il y a quelques années, j’ai travaillé comme experte auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (ONU, Vienne) pour produire un manuel destiné aux futurs étudiants en médecine de l’Université de Fukushima afin de les aider à mieux intervenir en situation de catastrophe auprès des populations vulnérables. Aujourd’hui, je façonne avec une collègue historienne ontarienne une plateforme web d’éducation à la vaccination par l’Histoire.

… du but que vous vous fixez

J’aimerais (j’ose espérer que c’est un objectif réaliste) changer la perception des professionnels de santé sur les sciences humaines et sociales et promouvoir un espace d’enseignement, de recherche et de discussion saine pour le champ des humanités médicales. Mon but ultime? Faire de l’historien(ne) un acteur à part entière dans l’amélioration des politiques comme des pratiques du soin afin de rendre les premières plus adaptées aux communautés auxquelles elles s’adressent et de permettre aux secondes d’intégrer, avec la plus grande ouverture possible, les attentes des malades.

 
ACCUEIL  |  BOTTIN DE L'IRSPUM  |  POUR NOUS JOINDRE  |  AVIS LÉGAUX  |  PLAN DU SITE
escort kusadasi
bitcoin casino
astropay bozdurma
gazianteplie.com izmir escort
Pornolar sikis izle, turk sex

pornolar

turk porn

turk sex sikis seyret

porno hd izlemek icin en ideal sex sitesi.
Pornolar sikis izle, turk sex

pornolar

turk porn

turk sex sikis seyret

porno hd izlemek icin en ideal sex sitesi.
escort tunceli escort usak
tekirdag escort kirikkale escort
izmir escort bayan
huluhub.com
video bokep
escort kusadasi
escort ankara bayan pendik escort
izmit escort didim escort denizli Escort kibris escort bayan